
Skinheads néonazis condamnés pour violences racistes
Le tribunal correctionnel de Louvain (Leuven) a rendu un jugement suite à la plainte déposée par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) contre un groupe de jeunes skinheads de la commune de Tirlemont, suite au tabassage d’un garçon d'origine slovaque. Ce groupe était constitué de trois mineurs et de deux majeurs. Ces derniers ont été condamnés à 3 ans de prison, dont la moitié avec sursis et le report pendant une période de cinq ans, moyennant le respect des trois conditions suivantes :
1. L’interdiction de prendre part à des activités d’organisations d’extrême droite, telles que Bloed Bodem Eer & Trouw (BBET) et Blood & Honour (B&H).
2. L’interdiction de posséder des armes.
3. L’obligation de suivre un traitement adapté.
En outre, la victime se voit attribuer une indemnité de 5.000 €, tandis que le Centre pour l’égalité des chances un montant de 250 €.
Le Centre s’était constitué partie civile dans ce dossier en raison de la gravité des faits. En effet, le 27 août 2006, la victime s’est fait tabassée par ce groupe de skinheads. Le jeune belge d’origine slovaque avait été ensuite laissé pour mort. Par cet acte, les agresseurs avaient comme seul but de s’en prendre à un étranger. Les deux agresseurs majeurs d’âge étaient déjà connus pour d’autres faits de violence. Cela démontre aussi qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé.
Le Centre constate que dans les dossiers de violence raciste des liens peuvent régulièrement être établis entre les différentes personnes et/ou les différents groupes. Les cinq skinheads néonazis prenaient régulièrement part à des rencontres de Blood and Honour (B&H, organisation néonazie internationale bénéficiant d’une « division » en Flandre), et des contacts existaient également avec l’un des principaux dirigeants de l’organisation Bloed, Bodem, Eer en Trouw (Sang, Sol, Honneur et Fidélité). Un des auteurs fréquentait des clubs de tir et des rassemblements néonazis, tel que le rassemblement de B&H à Boortmeerbeek.
Le Centre plaide pour une collaboration étroite entre les différents parquets et services de police en vue de l’établissement de relations mutuelles permettant de mettre en correspondance les différents dossiers, qu’ils soient clôturés ou encore en cours. De même, le Centre soutient le récent appel lancé par le Ministre fédéral de l’Intérieur, Patrick Dewael, au Parlement en vue de l’élaboration d’une proposition de loi qui permette au juge pénal d’interdire les groupements racistes et négationnistes. En effet, la loi antiraciste actuelle n’autorise la condamnation que de personnes individuelles ou de personnes morales, et laisse impunis les groupements de fait.
Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme
rue Royale 138
1000 Bruxelles
http://www.diversite.be/